Mon premier souvenir avec Cécile remonte très loin, je devais avoir 3 ou 4 ans. Cécile faisait des vêtements pour enfants à Rennes, j’ai eu la chance de défiler pour elle. Ça a marqué ma vie de toute petite fille, je me souviens encore de Cécile me tenant par la main à la fin du défilé, j’étais très fière d’entendre les applaudissements.

Parce qu’aujourd’hui famille et amis sont réunis, nous allons essayer de vous livrer quelques-uns de nos souvenirs personnels, de nos « histoires » de famille, afin de compléter le puzzle et de découvrir toutes les facettes de la personnalité de Cécile, et de recréer ensemble l’image de la personne super qu’elle était. Avoir 20 ans d’écart avec sa Tata, c’est parfait. Elle était suffisamment grande quand nous sommes nées pour s’occuper de nous et assez jeune quand nous avons grandi pour nous permettre d’être complices.

On a grandi et un jour Janine a descendu du grenier les jouets de Cécile. Il y avait une poupée Barbie, arrivée des Etats Unis au début des années 60, en parfait état. Et aussi des toutes petites poupées avec des sacs et des sacs de vêtements, tous cousus par Cécile à la main quand elle avait 10/12 ans. Je crois qu’on a découvert à ce moment-là le talent de Cécile pour fabriquer des choses avec ses mains, tous ces petits vêtements mais aussi des meubles et de la vaisselle adaptés à la taille des poupées. Janine nous a fait promettre de ne rien abîmer, ils avaient survécu aux jeux de Cécile et à 20 ans de grenier, pas question d’être abîmés par 2 nièces.

Quelques années plus tard est née une envie commune: aller à Venise. Je devais avoir 15 ans, Alice 11 et nous sommes parties toutes les 4 avec Cécile et Janine vivre 4 jours inoubliables. Le temps a passé vite à visiter des musées, à se perdre dans les ruelles, à franchir les vieux ponts et… à manger des glaces. Je me souviens encore du voyage de retour en train de nuit, notre compartiment vite transformé en pique nique géant avec charcuteries et fromages italiens…

Mais il y a toujours eu les Noël fêtés ensemble en Bretagne. D’abord petites, passés à jouer avec les nouveaux jeux. Puis en grandissant, les jeux de société étaient toujours accompagnés du punch (qui saoule) de Janine ou des cerises à l’eau de vie que Cécile adorait. On pouvait rire de tout, ça partait sur n’importe quoi et on trouvait un vrai potentiel de blagues avec les fruits de mer et les paillettes.

Les vacances en Bretagne, hiver comme été, c’est aussi les promenades au bord de la Mer, à St Malo et Dinard, on ne se lasse pas de faire et refaire les mêmes, et au retour vers 18h, toujours le même dilemme: thé ou punch ?

On a grandi. Adultes nous sommes revenues à Bruxelles pour que Cécile nous fasse découvrir la ville, on a fait un peu de tourisme mais elle nous a surtout fait découvrir la bière et tous les bars des alentours…

Presque 20 ans après, 2 nouvelles nièces sont arrivées dans la vie de Cécile, Hélène et Anna, avec qui elle avait une complicité incroyable. Puis sont arrivées mes 2 filles, Léa et Zoé. Que de filles Bertrand ! A la naissance de Zoé, Cécile m’avait dit avec un clin d’oeil, « encore une pisseuse !…»

Toutes ces anecdotes pour vous expliquer à quel point Cécile avait une place importante dans nos vies, elle a beaucoup compté, elle nous a appris plein de choses et a joué un rôle complémentaire dans notre éducation. Même éloignées géographiquement, nous sommes restées très proches.

Pour nous Cécile est belle, drôle, intelligente, forte, indépendante, créative, bienveillante, têtue, drôle, douce, ironique, cultivée, drôle, fragile, talentueuse, belle. On pensera toujours à elle en évoquant la mer, la bière, la machine à coudre, le pastel….

Nous espérons qu’au travers ces quelques mots vous aurez pu découvrir une facette de Cécile que vous ne connaissiez pas, nous avions envie de vous faire connaitre cette Tata exceptionnelle qu’elle était.

Juliette et Alice